
Coralie Aselluccio
Enseignante, formatrice et fondatrice de la pédagogie relationnelle Classe Cocon®
« Par ailleurs, il ne faut jamais oublier, quand on est accompagnant d’un enfant ou enseignant, que tout enfant quel que soit son âge est d’une habileté incroyable pour réveiller l’ex-enfant qui est en nous. » J.Salomé
Chercheuse de vérité, de lien et d’équilibre
Quête de sens et d’alignement


Aujourd’hui, je sais que mon terrain d’action, c’est aussi celui des adultes.
Car les enfants, eux, savent déjà ressentir pleinement. Les adultes en revanche, portent souvent des histoires et des blessures non apaisées. Et c’est là que les enfants deviennent des miroirs puissants : ils révèlent nos incohérences et nos manques. Accompagner les adultes, c’est leur permettre de se reconnecter à eux-mêmes pour transmettre autre chose que ce qui n’a pas été digéré.
On parle beaucoup d’éduquer les enfants aux émotions et aux besoins.
Mais les adultes aussi en ont besoin. Souvent, faute d’avoir pu digérer leur propre histoire, ils transmettent malgré eux ce qu’ils n’ont pas apaisé.

Mon choix de chemin
Même le choix d’un métier naît souvent d’un besoin profond.
Les besoins sont le fil conducteur de toute vie : ils guident, inspirent, et donnent du sens.
En devenant enseignante, j’ai nourri mes besoins de sens, de créativité, de liberté, et ce besoin essentiel d’appartenance dans un groupe, au cœur du lien avec mes élèves.
J’ai toujours su que la transmission ferait partie de mon chemin, sans savoir encore où se trouvait ma véritable plus-value.
Et puis un jour, un regard posé sur moi a tout changé. Un regard valorisant, qui a su révéler le meilleur en moi et m’inviter à l’assumer pleinement.
Ce regard a agi comme une lumière douce, révélant ce que j’appelle dans Classe Cocon® le Jardin des fleurs endormies — cet espace intérieur où sommeillent les potentiels en attente d’être reconnus.
C’est là que j’ai compris la puissance du regard Pygmalion : celui qui croit en l’autre jusqu’à l’aider à s’épanouir.
Pour en savoir plus sur la puissance du regard Pygmalion, découvrez cette courte vidéo inspirante.
Quand quelqu’un croit en notre potentiel, cela nous aide à l’incarner.
Un lien naturel avec les enfants
Depuis toujours, le lien avec les enfants est une évidence pour moi. En colonie, en centre de loisirs ou à l’école, j’ai doucement affiné ma manière d’accompagner chaque enfant, de tisser la confiance, de poser un cadre bienveillant, et d’adapter ma posture à ce qu’ils vivent, même quand ils ne le disent pas.
Chaque situation appelle une réponse différente : parfois écouter, parfois cadrer ; parfois contenir, parfois ignorer un comportement, ou même l’imiter pour créer un effet miroir.
Tous les enfants ne réagissent pas de la même manière. Une posture douce apaise certains, mais insécurise ou excite d’autres. Certains ont besoin d’être écoutés longuement ; d’autres, qu’on intervienne rapidement, avec fermeté.
Et il ne faut pas tout excuser : oui, certains enfants testent, provoquent, cherchent la faille. Pas par méchanceté, mais pour vérifier la solidité de l’adulte. Ils sont fins observateurs, stratèges, en construction.
Quand un enfant “pousse les limites”, ce n’est pas toujours qu’il ne les comprend pas. C’est aussi, parfois, pour vérifier s’il peut s’y opposer, si elles sont réelles, si l’adulte saura tenir bon.
Dans ces moments-là, recadrer avec clarté, immédiatement, sans se justifier, devient un acte éducatif structurant.
Cela exige de la lucidité, de la constance, et la capacité à ajuster en conscience : ce qui fonctionne un jour peut échouer le lendemain. Il n’y a pas de méthode miracle, juste une posture exigeante et humaine.
Les neurosciences pédagogiques, avec les travaux de Dehaene, Gueguen, ou Damasio, montrent que l’enfant apprend dans la sécurité, pas dans l’incertitude.
Et comme le rappelle Dehaene : le cerveau retient ce à quoi l’adulte accorde de l’attention.
Ignorer un comportement inadapté, ou lui répondre par imitation, peut parfois être plus pédagogique qu’une explication ou une validation émotionnelle systématique.
« L’enfant ne peut s’épanouir que dans un cadre à la fois exigeant et bienveillant. » –Céline Alvarez
Accompagner un enfant, ce n’est pas appliquer une méthode. C’est exercer un regard.
Observer, questionner, décoder. Se former, s’outiller, ajuster. Et surtout : incarner.
« Éduquer, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu. Mais pour cela, encore faut-il être soi-même allumé. » – Jacques Salomé
Autrement dit : on ne transmet pas ce qu’on dit, mais ce qu’on incarne.

Mes inspirations
Formée à la Communication Non Violente (CNV) et particulièrement attentive à la pédagogie explicite – parce que j’ai moi-même besoin qu’on le soit avec moi – tout en explorant l’art-thérapie, je me suis progressivement dotée d’outils solides. J’ai eu la chance que certaines œuvres soient venues à moi au bon moment — des écrits, des pensées, des voix qui ont profondément nourri et orienté mon chemin.
- Les mots de Jacques Salomé, à travers ses Contes à guérir, contes à grandir, ont profondément inspiré la naissance des contes Classe Cocon. Mais c’est aussi son œuvre autour de la communication vraie, de l’authenticité, et de la méthode ESPERE – ce dialogue entre l’explicite et l’invisible – qui m’a ouvert le chemin d’une pédagogie du lien et du sens.
- Clotilde Dusoulier, dont le podcast Oui change ma vie m’accompagne au quotidien depuis bientôt dix ans. Sa manière d’utiliser des images et des symboles pour éclairer l’invisible m’a profondément inspirée. C’est notamment grâce à elle que sont nés les outils du « marteau » et de la « lunchbox » (là où elle, parle de “pizza”). Ces outils sont aujourd’hui proposés dans la formation Classe Cocon, pour accompagner la compréhension et la transformation intérieure.
- Christel Petitcollin, à travers Je pense trop et Je pense mieux, a marqué un tournant décisif en 2015. Son regard bienveillant sur la sensibilité et sur les dynamiques invisibles à l’œuvre dans les relations humaines ouvre un chemin de compréhension profonde de soi et des autres. Sa pensée continue de m’aider à mettre de la clarté là où, autrefois, il n’y avait que confusion.
Des limites là-aussi
Malgré la richesse de ces enseignements, j’ai souvent ressenti un décalage. Il m’arrivait de me sentir seule face à des silences ou des incompréhensions, portée par une recherche que les lectures et les outils n’arrivaient pas toujours à combler. J’ai alors compris que, même précieuse, la CNV ne suffisait pas à elle seule pour créer une véritable rencontre. J’ai expérimenté ce que Jacques Salomé évoque si justement : une relation se tisse à deux. Dire ce que je ressens ne suffit pas si, en face, l’autre ne peut pas accueillir, entendre, relier.
Ces blocages m’ont poussée plus loin. Était-ce une limite des méthodes ? De l’écoute ? Ou bien la preuve qu’au-delà des mots, il fallait créer d’autres médiations? Car certaines blessures ne se disent pas, elles se ressentent, elles s’incarnent. Que se cache-t-il derrière une demande, ou même derrière une simple prise de parole ? J’ai plongé en moi-même pour comprendre ce qui, au-delà des mots, entrave ou nourrit la relation. Quelles sont les attentes cachées ? Celles-là même qui, si elles ne sont pas comblées, entrainement frustration, ressentiment ou jugement.
Alors j’ai cherché. Petit à petit. Au fil des années, et au gré des groupes que j’accompagnais. J’ai cherché, exploré, ajusté… pendant des années. Dix ans de rencontres, d’essais, de tâtonnements, de moments d’évidence aussi. Peu à peu, se sont dessinés des outils symboliques, concrets et sensibles : des repères simples et porteurs de sens, capables de rendre visible ce qui se joue dans la relation.
C’est ainsi qu’est née Classe Cocon®.
